Le Panchakarma

Souvent associé et/ou confondu avec la cure ayurvédique en Inde, véritable procédé de nettoyage et de réjuvénation, la demande est devenue croissante en Inde alors que les touristes redécouvrent ces soins emblématiques de l’Ayurveda.
Si ce protocole de soins se développe aux États Unis ou en Allemagne et qu’on parle de tourisme médical en Inde, le Panchakarma en Europe, et notamment en France, est plus délicat à proposer tant il nécessite des médecins et praticiens ayurvédiques confirmés.
Définition du Pancharkarma
Pancha en sanskrit signifie 5 et Karma, action. Le Panchakarma est un processus de purification en cinq étapes utilisé dans l’Ayurveda. A titre préventif ou curatif, l’Ayurveda le préconise à chaque changement de saison , idéalement au printemps et en automne, ou en dehors de ces périodes si l’on se sent en déséquilibre ou que l’on fait face à une maladie.
L’objectif est d’éliminer les impuretés du corps :
- Accumulation de toxines, de radicaux libres due aux déséquilibres des doshas viciés.
- Résidus métaboliques tels que sueur, urine et selles ou Malas.
- Accumulation de déchets métaboliques suite, à une digestion imparfaite, appelée Ama.
Une libre circulation des fluides du corps, une bonne assimilation des diverses nourritures et l’élimination des déchets sont essentiels pour la santé et la prévention des maladies. Une bonne santé provient de notre capacité à bien assimiler mais aussi à bien éliminer ce qui est nocif, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel ou mental.
Les 3 approches thérapeutiques du Panchakarma :
Spirituelle :
Les mantras, la lithothérapie, la méditation ou l’astrologie védique sont autant d’outils thérapeutiques subtils dont on ne peut encore quantifier et expliquer les résultats totalement.
Psychologique :
Elle repose sur une approche vaste des ressorts et qualités psycho-émotionnelles dans la relation corps, âme, esprit que sont les Gunas : Tamas, Rajas et Sattva. Selon l’Ayurvéda, les traumatismes psychologiques sont des émotions non digérées et accumulées dans les tissus profonds ; ils sont en quelque sorte les toxines du mental qui circulent dans le corps et sont à l’origine de nombreux maux ou maladies physiques. La médecine moderne appelle cela « somatisation ».
Rationnelle ou concrète :
Elle comprend les massages, l’alimentation, la pharmacopée..

Les 3 formes :
Préventive :
Elle consiste à éviter les causes des déséquilibres.
Le maintien de la santé par l’harmonisation des doshas :
A l’aide de la nutrition, de l’hygiène de vie, de la pharmacopée. Si l’organisme souffre de déséquilibres importants, cela peut s’avérer insuffisant.
La purification devient alors nécessaire :
Lors de la cure ayurvedique, une ou plusieurs des 5 actions du Panchakarma sont prescrites.
- Par voie interne : pharmacopée, oléation interne.
- Par voie externe : massages, oléation externe.
Cette pratique est propre et unique à l’Ayurveda. En effet, les toxines physiques ou mentales sont considérées comme liposolubles. Ainsi, grâce à l’oléation, les déchets se détachent facilement.
- (La chirurgie, considérée comme une purification, intervient au cours d’une hospitalisation mais ne fait évidemment pas partie de la cure ayurvédique et du Panchakarma stricto sensu).
Les 3 étapes de la cure Panchakarma :
Poorvakarma
Etape préparatoire à la cure proprement dite :
- SNEHAPANA :
- oléation interne : ingestion d’huile ou de ghee,
- oléation externe : des massages comme l’Abhyanga.
- SVEDANA ou sudation : la transpiration favorise l’ouverture des pores de la peau et l’évacuation des toxines. On a recours à l’application de pochons très chauds, au caisson de sudation ou à une douche bien chaude.
Pradhana Karma
La cure du Panchakarma proprement dite.
Paschata karma
Etape post cure dédiée au repos et à une reprise progressive d’une alimentation normale. Le Panchakarma est un processus fatiguant qui sollicite beaucoup le corps avec l’expulsion massive des toxines. Il faut donc se rétablir progressivement grâce à l’usage de bonnes épices avec le riz ou le dhal, ou de pharmacopée type rasayana ( réjuvénation).
Les 5 actions du Panchakarma
- Vamana : la vomification suite à la prise d’une préparation à base de lait ou de plantes. Cette procédure est faite exclusivement sous la stricte surveillance d’un Vaidya ou médecin ayurvédique expérimenté. Elle permet d’éliminer Kapha (glaires et mucosités) en excès des bronches jusqu’à l’estomac.
- Virechana : purgation du foie et de l’intestin grêle précédée de jours « préparatoires » avec ingestion de ghee (beurre clarifié). Le dernier jour de la procédure, une boisson de plantes purgatives accompagnée par une grande quantité d’eau chaude provoque l’élimination des selles. Ceci éliminera un excès de Pitta.
- Basti : purification du côlon et de la région basse du tronc par clyster. C’est l’introduction par voie anale sous 2 formes nourrissantes et/ou nettoyantes :
- d’une décoction de plantes dans sa forme purifiante,
- ou d’huiles médicalisées (mais aussi de lait ou de miel). Elles permettent l’élimination de Vata en excès.
- Nasya : instillation nasale de ghee ou d’huile médicalisée. Le nez est considéré comme la « porte d’accès du cerveau ». La stimulation et la purification des terminaisons nerveuses du nez équilibre l’esprit, les fonctions cérébrales et l’acuité sensorielle.
- Rakta Moksha : la saignée. Cette pratique ne se fait quasiment pas en Europe, sauf en Allemagne. Elle permet de traiter un excès de Pitta et de purifier le sang.
Les conditions préalables :
Les recommandations avant, pendant et après la cure sont les mêmes sur des périodes plus ou moins égales : une alimentation saine qui évite la viande, la nourriture grasse, riche et épicée..Ne pas voyager, éviter le stress, se reposer. Eviter de dormir en journée pendant la cure car cela augmente Kapha. Eviter les efforts physiques ou la marche qui augmente Vata.
Les contre- indications :
- Un patient non coopératif.
- Un patient faible (fièvre, femme enceinte..) ou en situation critique.
- Insuffisance des organes vitaux.
- Un patient en crise métabolique.
Ses atouts
Des siècles d’expériences empiriques confortées à présent par des études occidentales.
Une efficacité thérapeutique sur des pathologies chroniques mal traitées par la médecine occidentale : dermatoses, psoriasis, affections respiratoires telles que l’asthme, l’allergie, l’hypertension, l’obésité ou les symptômes multiples.
Une approche intégrale des causes des maladies et non des symptômes.
Ses inconvénients
Elle nécessite une formation intensive : le cursus ayurvédique est couplé au cursus de médecine occidentale en Inde.
Le Panchakarma en Europe coûte cher pour sa mise en oeuvre : matériel, huiles et pharmacopée.
Sa prescription n’est pas validée et encadrée légalement en France.